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Dumas-père ou Dumas-fils ?
Beaucoup les confondent à présent.
Jamais, sinon par André Maurois dans Les Trois Dumas, leurs vies couvrant le XIXe siècle
(de 1802 à 1895), ont été réunies et précédées de la carrière du général Dumas,
le géniteur d'Alexandre Dumas-père né à Villers-Cotterêts (Aisne).
Yves-Marie Lucot a synthétisé la
chronique des relations paternelles et filiales des Dumas. Sait-on combien le fils
souffrit d'être bâtard ? Il est né d'une lingère à qui l'une des concubines de son
père alors célèbre contesta jusqu'au droit d'élever son enfant. L'oeuvre de Dumas-fils
luttera contre cette infamie des mères abandonnées, de la veulerie à leur égard de la
société du second empire et de la IIIe République.
Sait-on combien Dumas-père, le nabab
des lettres par monts et par vaux, aima son fils hypersensible. Dumas-fils devint le
tuteur de son père lorsque celui-ci, vieux et malade, s'égara dans des amours de
pacotille avec des comédiennes. Cependant Dumas-père ouvrit à son fils la voie royale
du théâtre.
Elu à l'Académie française,
Dumas-fils analysa en moralisateur la société de son temps et stigmatisa les rapports
conjugaux et extra-conjuguaux dans des pièces à thèses sociales.
Voici, dans une famille d'orgueilleux,
deux conceptions très différentes de la littérature et de l'existence. Elles sont
pourtant indispensables à l'une comme à l'autre, malgré les chagrins d'une parentèle
chaotique.Illustration de couverture :
caricature de A. Le Petit représentant le père qui donne un couteau posé sur
L'homme-Femme en cadeau de noces à son fils (Parution dans le journal Le Grelot du
28.2.1872).
Collection Hournon.
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